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Vente d’argent en ligne, une arnaque qui se libéralise au Burundi

Dans la matinée du 20 janvier 2021, la Banque de la République du Burundi-BRB alerte le public sur l’existence illégale de tontines et des sociétés de vente d’argent, toutes opérant en ligne. Bien que non reconnus par la banque centrale, les praticiens de cette affaire frauduleuse sont souvent reconnus en partie par certaines institutions publiques. De là se crée le doute…

« C’est une affaire qui dégénère pour les uns, mais pas pour tous. » Ces propos sont de Christian Butoyi, jeune récemment diplômé de l’université qui a investi dans différentes formes de sociétés d’intermédiation financière opérant en ligne. En le recrutant, les rabatteurs des sociétés de cryptomonnaies que Butoyi a intégrées lui promettaient tous une autonomie financière sans égale dans peu de temps. P
ourtant, il n’a pas gagné. De MasterCash à Go for win, de Fricacoin au Kirimba (tontine en ligne facilitée par certains agents des services Lumicash et EcoCash), Butoyi évalue à environ 2,5 million de Fbu les pertes pour ses investissements dans ces affaires…

Du coup, Prosper Ngendanganya, directeur chargé de la supervision des institutions financières à la BRB accuse ces sociétés d’enrichir seulement leurs patrons ou, à la limite, les premiers adhérents au détriment des nouveaux. Selon le cadre de la BRB, une rareté progressive de nouveaux membres exige aux fraudeurs de fermer leurs sociétés dès leurs premiers pas et s’enfuir avec l’argent des nouveaux investisseurs.

Une reconnaissance controversée

Bien que la banque centrale ne les reconnaisse pas, les faiseurs de cette arnaque usent présenter souvent des autorisations de la part de l’Agence pour la Promotion des Investissements-API pour convaincre les recrutés.

Pour M. Ngendanganya de la BRB : « L’autorisation de l’API est le tout premier document indispensable à toute société désirant opérer ses activités sur le sol burundais ».
Antonine Batungwanayo chargée de la communication chez l’API le rejoint: « Toute société doit, après enregistrement chez l’API, se faire reconnaître auprès d’autres institutions régulatrices des domaines dans lesquels ses activités sont orientées. »

A Batungwanayo de renchérir : « Si la société désire travailler dans la médecine, c’est au ministère de la Santé de lui donner la dernière autorisation. Si l’activité est tournée vers le secteur financier, la dérogation définitive est accordée par la BRB, etc. »

De ce qui précède, une collaboration est nécessaire entre l’API et ces autres institutions concernées, afin d’assurer le suivi de la procédure d’authentification de tout opérateur dans les différents domaines générateurs de revenus.

Si certaines techniques relatives au digital échappent encore aux institutions régulatrices, le défis leur est lancé.
La BRB est particulièrement contrainte de s’y adapter pour honorer son principal engagement d’assurer la stabilité financière du pays.

Alors que le pays s’engage vers une politique d’attraction des investisseurs, les excuses de l’API sur le défaut des moyens pour le suivi et l’accompagnement des sociétés créées sont à revoir…

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

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