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Société

Burundi: une éducation à la base différenciée selon le genre

La petite fille burundaise et le petit garçon burundais sont de manière globale éduqués différemment, chacun recevant une éducation qui le prépare à ses futures fonctions et rôles sociaux. Réalité beaucoup plus présente en milieu rural qu’urbain

Après l’école, lorsqu’elles sont scolarisées, les jeunes filles se doivent d’aider leur mamans dans les tâches ménagères, nous dit Lyduine. N. une quadragénaire rencontrée à Kayanza. « La mienne par exemple, elle va vite puiser de l’eau, puis nous prépare la pâte de maïs, généralement le plat d’accompagnement (imboga) est prêt » . Et les trois frères? Lyduine ne sait plus, semble réfléchir « Ils s’occupent… » Les tâches ne sont pas les mêmes, complètent l’amie de celle ci.

A Ijenda, nous rencontrons un groupe de jeunes gens, assis aux abords de la route principale. Six copains aux prises à un fou rire, semblent particulièrement profiter de ce petit soleil de fin de matinée. Aussi, nous tentons naturellement de nous joindre au groupe. – Il n’y a pas cours aujourd’hui? « C’est les vacances », répondent en chœur la petite bande. – Vous n’êtes pas sensés aider vos parents? le pâturage?, le ménage?…Rires. « Il n’y a rien à faire. Le ménage, les filles s’en occupent. Les vaches de Sévérin sont là bas », fait Hervé, un du groupe, en montrant les vaches loin derrière.

Les filles aux fourneaux… pas pour tout le monde

En fonction des tâches et leur lieu d’exécution, telle que la société les conçoit, nous dit le docteur en sociologie, Désiré Manirakiza, chacun des enfants, selon son sexe, est socialisé et doit extérioriser les valeurs et normes liées à ses futures fonctions afin qu’il/elle puisse s’intégrer.

Ainsi donc, à la jeune burundaise, on lui apprendra essentiellement à cuisiner, s’occuper des enfants, du ménage, etc. Des tâches qui en somme, la préparera à être une bonne épouse et mère au foyer.

Cependant dans la capitale, cette différenciation dans l’éducation des enfants tend à disparaître. La division traditionnelle et sexuée du travail social n’a plus cours à Bujumbura. Pourquoi? Dans quelles proportions, quels sont les facteurs qui ont conduit à ce déplacement des barrières de genre? Est-ce l’urbanisation uniquement qui en est responsable?… Ce qui est certain, répond Dr Désiré Manirakiza,  au Burundi, il existe une réelle coupure entre le milieu rural, qui est resté traditionnel, bien qu’un peu touché par le vent de la ville et l’espace urbain, majoritairement peuplé par des gens influencés par la pluriculturalité que déploie la ville et ses habitants. La conséquence, dit-il, est que les modes de vie, les valeurs et normes sociales ne peuvent être les mêmes. « Bujumbura cherche à calquer ses modes de vie sur celles de la société globale, alors que le monde rural reste local ».

Pour Louise, une jeune maman de 4 enfants, il ne faut pas faire de distinction dans l’éducation de ses enfants. Elle prône l’égalité de genre.   » Quand le cuisinier est en congé, autant mes fils que mes filles m’aident dans les tâches ménagères », témoigne – t – elle.

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