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Toxicomanie : en 2018, sur 328 patients accueillis au CNPK, 98% sont de sexe masculin

Par ailleurs, une enquête faite par l’ABS – Alliance Burundaise contre le Sida – en 2017, révèle que les preneurs de drogues n’usent pas leurs culottes sur les bancs de l’école : sur 175 enquêtés à Bujumbura, âgés entre 18-35 ans, seulement 16% ont terminé le secondaire, et 2% l’université. Bien plus encore, ils sont sensiblement exposés aux MST …

Les usagers de drogues ne cessent d’augmenter dans le pays. La plupart étant des jeunes, donc majoritairement encore sur le banc de l’école, malheureusement peu y restent. Ils abandonnent tôt. « Ces drogues prises pour du plaisir ou pour la relaxation constituent un danger à long terme en général pour la société, et les drogués », alerte l’ABS.

En outre, au niveau de la BAPUD (Burundian Association of People who Used Drugs), à l’heure actuelle, plus de 1 200 anciens « junkies » se sont faits déjà enregistrés. Au niveau de Bujumbura, l’effectif se porte à 784. Mais, comme l’explique Eric Nsengiyumva, le chargé de la communication et des relations publiques au sein de l’association, ces chiffres ne cessent d’augmenter du jour au lendemain : « De plus en plus, les jeunes s’adonnent aux drogues, surtout au boost (un mélange des déchets de l’héroïne avec certains médicaments pharmaceutiques, Ndlr). Un nombre considérable d’usagers des drogues ne se manifestent pas, d’où ces chiffres sont peu exhaustifs. »

Et d’ajouter : « Les junkies ont du mal à rester stable mentalement, d’où le grand nombre d’abandons scolaires. Non plus, leur place n’est pas dans la prison bien que souvent ils commettent des forfaits. Par contre, des centres de désintoxication bien équipés avec des médicaments bien appropriés, serait la meilleure solution pour les ramener à la raison». Des propos appuyés par l’enquête de l’ABS : parmi les enquêtés, 55% des usagers des drogues ont déjà fait de la prison, mais près de 35% n’ont pas cessé d’en prendre.

Le VIH Sida et les troubles mentaux ne les épargnent pas

Des chiffres toujours alarmants : sur les 175 usagers de drogues, 10,2 % sont séropositifs tandis que 9,4% ont l’hépatite B. « Ils se partagent les seringues lors des injections, d’où la contamination est facile. Également, avec leur état mental, ils sont plus exposés aux rapports sexuels non protégés », notifie Eric Nsengiyumva.

Au niveau du CNPK (Centre Neuro Psychiatrique de Kamenge), sur la liste des consultations, en 2018, ils ont accueilli 328 patients ayant des troubles mentaux liés à la toxicomanie dont 320 garçons et 8 filles. Aimé Nicimpaye, gravitant la quarantaine, un patient de l’hôpital se confie : « J’ai déjà connu Mpimba plusieurs fois à cause de la drogue. Je regrette d’avoir emprunté ce chemin. Les drogues m’auront anéanti. Je voudrais témoigner pour que d’autres jeunes puissent être au courant de ce calvaire et qu’il l’évite. »

L’hôpital psychiatrique étant le seul établissement public à accueillir les preneurs de drogués dans le pays, le chargé de la communication et des relations publiques au sein de l’association estime que cela constitue un grand handicap dans la lutte contre l’usage des drogues du fait qu’une bonne partie des « junkies » à travers le pays ne peuvent pas facilement en avoir accès.

Un reportage réalisé par Sabrah Saïd Amor dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme une ancienne du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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