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Société

SSRAJ au Burundi: la contribution de l’administration locale

Birukundi Mamerte, Admicom de Ruhororo (Ngozi)/Jimbere

Au Burundi, l’éducation à la santé sexuelle et reproductive chez les adolescents et les jeunes (SSRAJ) reste souvent un tabou en raison de certaines pratiques traditionnelles qui réservaient ce rôle aux tantes paternelles pour la fille, et aux oncles paternels pour le jeune garçon. N’ayant pas accès à ces informations là où il passe beaucoup de temps, le jeune burundais se retrouve dans une crise d’identité en matière de SSR…

Pire, la phase d’adolescence les pousse parfois à avoir une vie sexuelle active précocement, ce qui fait place, la plupart des fois, aux grossesses non désirées, contraction des infection sexuellement transmissibles (IST), notamment le VIH/SIDA, etc. Quel est alors le message transmis par l’administration à la base, au niveau communautaire, en matière de SSRAJ ?

Certainement, les parents sont les premiers responsables à éduquer un enfant, lui donner l’essentiel du bagage qui va l’aider à aborder son avenir sans complexes. Toutefois, ils opèrent en synergie avec d’autres acteurs qui prennent en charge l’enfant, au fur et à mesure de son évolution: les responsables scolaires et les administratifs. Ces derniers complètent le rôle joué par les parents à la maison, et se chargent de veiller à ce que celui-ci ait accès aux sources d’informations qui sont fiables, surtout en matière de santé sexuelle et reproductive.

Que ce soit lors des réunions ou autres rassemblements, les entités administratives s’appliquent de plus en plus à former les jeunes pour une vie sexuelle et reproductive responsable. Bien que ces autorités se heurtent souvent au manque d’enthousiasme de la part des jeunes qui ne répondent pas présents en masse

Bureau communal de Ruhororo

Dans la commune Ruhororo, l’abstinence est au centre des messages transmis aux jeunes

Birukundi Mamerte, administrateur de la commune Ruhororo en province Ngozi, souligne que le sujet de la santé sexuelle et reproductive chez les adolescents et les jeunes est souvent soulevé lors des réunions dans les lieux de rassemblement sur les collines, mais que les jeunes ne s’y présentent pas régulièrement à l’exception des réunions qui les concernent uniquement : « Au sein de l’administration, dans nos messages transmis, l’abstinence est à la base de nos informations car c’est un des moyens de prévention des grossesses non désirées qui sont fréquentes chez les jeunes, surtout ceux en milieu scolaire. »

Pour elle, certes l’absence des jeunes dans les réunions collinaires reste un obstacle majeur, mais il ne freine pas complétement l’action menée par les administratifs et les agents de santé communautaires de santé, car des jeunes sont conscientisés sur l’importance d’avoir des notions sur la SSRAJ et pouvoir mener des échanges entre eux

Quid de la Police de protections de mineurs et des mœurs ?

Selon OPC1 Harimbabazi Claude de la police des mineurs et des mœurs, pour une meilleure éducation des jeunes, le sujet de la SSRAJ est d’abord exploité lors des formations d’entrée à la police : « Ces messages sont transmis aux policiers en premier et pour une meilleure sensibilisation sur le sujet, nous travaillons en collaboration avec des associations des adolescents et jeunes. »

Il précise également qu’en cas de violences basées sur le genre, après avoir emprisonné le criminel jugé coupable, la police fait l’accompagnement au service de prise en charge de la victime, sans oublier l’apport du soutien juridique Le rôle des administratifs qui se chargent de la gestion des communautés burundaises est donc d’une grande envergure quand il s’agit d’éduquer les jeunes sur leur santé sexuelle et reproductive

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