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Economie

Secteur des assurances : renverser la tendance et aller vers les bénéficiaires

Des accidents de roulage, des incendies de marchés, supermarchés et maisons privées etc. Les burundais font souvent face à ces imprévus et deviennent sinistres en un claquement de doigt. Pourtant, des sociétés d’assurances sont là pour palier à toutes ces mésaventures.

« Vaut mieux prévenir que guérir ». Un dicton qui prend tout son sens quand il s’agit de parler de l’assurance. Comme pour secouer l’opinion publique sur la nécessité de prioriser ce secteur, l’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) en collaboration avec les acteurs de l’industrie des assurances au Burundi a organisé une semaine dédiée aux assurances. C’était du 28 au 31 juillet. Le mot d’ordre : ouvrir les yeux de la population et rendre disponible tous les services offerts par les assurances avec comme thème « Le rôle socio-économique des assurances »

Dans son mot d’ouverture, Jimmy Hatungimana, maire de la ville de Bujumbura, a remercié l’ARCA qui a organisé cet événement historique pour le secteur des assurances du Burundi ainsi que les dirigeants des sociétés d’assurances et des sociétés de courtage d’assurances qui ont collaboré à la réalisation de l’activité . « La présente activité est une bonne opportunité pour les assureurs de se rapprocher du grand public, de faire connaître leur métier, d’améliorer l’image que les burundais ont de l’assurance et de les amener à souscrire à l’assurance pour se protéger contre les risques et protéger leurs familles et leur patrimoine », souligne-t-il.

Selon Domitien Ndihokubwayo, ministre des Finances, du budget et de planification économique, cette semaine dédiée à l’assurance à été organisée au moment où le secteur des assurances connait des progrès remarquables. Avec l’opérationnalisation de l’ARCA en 2013, le gouvernement a mis en place un cadre légal et réglementaire moderne en vue de la promotion du secteur des assurances. Ce qui a permis l’ouverture du marché des assurances permettant l’augmentation du nombre d’acteurs et l’amélioration  d’autres indicateurs du secteur année par année. « Grâce à cela, l’industrie  des assurances compte maintenant 17 sociétés d’assurances dont 10 sociétés Non Vie, 6 sociétés d’assurances Vie et une société composite qui vend les assurances Vie et Non Vie, alors qu’en 2013, il n’y avait que 6 sociétés d’assurances qui pratiquaient à la fois les deux activités », précise-t-il.

Des chiffres qui parlent

Selon le ministère des finances, la production du secteur des assurances a connu une bonne progression. Le chiffre d’affaires de ce secteur est passé de 36,1 milliards de FBu en 2014 à 78 milliards en 2021, soit un accroissement de 42 milliards sur cette période et une évolution annuelle moyenne d’environ 12%. Le taux de pénétration du secteur a augmenté passant de 0,77% en 2016 à 1,04% en 2021 ainsi que la densité de l’assurance (la dépense annuelle moyenne par habitant en produit d’assurance ) qui est passée de 3.652 FBu en 2016 à 5.049 FBu en 2020.

En outre, les prestations des compagnies d’assurances ont augmenté, passant de 15 milliards en 2016 à 31 milliards en 2020. L’actif des assurances valait 226 milliards à la fin de l’exercice 2020 contre 120 milliards en 2016, soit un accroissement considérable de 100 milliards sur les cinq dernières années.

Pour Domitien Ndihokubwayo, ministre des finances, cette hausse de l’actif  est tirée de la croissance des immobilisations qui représentent plus de la moitié de l’actif  du secteur. « Elles ont passé de 54 milliards en 2016 à 121 milliards en 2020 dont 45 milliards des droits réels immobiliers et 75 milliards des immobilisations financières constituées essentiellement des obligations et des titres de participations. Les dépôts bancaires dans les banques commerciales de droit burundais représentaient 16 milliards de FBu en 2020 », précise-t-il.

Faire les assurés une priorité

Alain Guillaume Bunyoni, premier ministre burundais salue le pas franchi par le secteur des assurances en collaboration avec le gouvernement du Burundi. La taille de l’industrie s’est certes agrandie, mais les produits d’assurances restent encore méconnus du grand public.

Au cours des campagnes se sensibilisation sur les assurances menées par l’ARCA dans tout le pays, la population a émis des recommandations à l’endroit des assureurs qui doivent être mises en pratique. « Il faudrait que ce genre d’activité  soit aussi organisée à l’intérieur  du pays pour que la population rurale soit elle aussi informée sur les différents produits d’assurances disponibles et puisse s’assurer contre les risques. Aussi, il faut créer des agences de proximité pour réduire les dépenses de la population obligée de se déplacer vers vos sièges sociaux », souligne M. Bunyoni tout en demandant que les sinistres soient payés dans les délais pour influencer positivement l’image des assurances et instaurer la confiance assureur-assuré.

Au niveau du gouvernement, le premier ministre rappelle que l’État s’est assigné des objectifs pour promouvoir les assurances à savoir la promotion du secteur par la restructuration des sociétés nationales et le développement des nouveaux produits. Il y a aussi l’ouverture du marché aux sociétés étrangères et la réglementation de l’activité des intermédiaires d’assurances.

Des lacunes, mais aussi des solutions

Sur la question des grognes quant à l’indemnisation des sinistres et la lenteur dans l’application des assurances, Rénovat Gahungu, cadre de l’assurance UCAR et président de l’association des assureurs ASSUR indique que le retard dans l’exécution de l’assurance est généralement dû à la lenteur des procédures juridiques, car  les sinistres passent beaucoup de temps à déclarer leurs pertes. «  Il existe un code des assurances qui date de 2014 et qui a été révisé en 2020. Malgré ce code, il y a encore des lamentations des assurés comme quoi il y a des retards d’indemnisation. Certes, il y a des sociétés qui ne parviennent pas à honorer leurs engagements à temps, mais le problème réside dans le fait que les procédures passent dans beaucoup de services dont la police et la justice et arrivent finalement dans l’assurance tardivement », fait-il savoir.  De ce fait, ce cadre conseille aux assurés de privilégier le règlement à l’amiable pour palier à ce problème de lenteur des procédures.

Dans la continuité  de la semaine dédiée aux assurances, différentes activités ont été effectuées dont la pose de la première pierre pour la construction d’un dos d’âne à la jonction de l’avenue Muyinga et la chaussée Prince Louis Rwagasore, des panels centrés sur le rôle socio-économique des assurances ainsi que la compétition de basketball afin de sensibiliser la population de fréquenter les divers services des assurances.

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