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Le Burundi dernier dans l’EAC dans le transfert de fonds de la diaspora

©Jimbere | Lors du lancement de la 4ème semaine de la diaspora

En marge de la semaine de la diaspora (22 au 26 juillet), une session de réflexion sur les mécanismes à mettre en place pour optimiser les apports des Burundais vivant à l’étranger a été organisée ce mardi 23 juillet à l’Hôtel Club du Lac Tanganyika. Détails.

Selon une note d’avril dernier du Global Knowledge Partnership on Migration and Development (KNOMAD) sur 2018, le Kenya affiche 2,720 milliards $ reçus de ses citoyens vivant à l’étranger (3% du budget), suivi de l’Ouganda avec 1,245 milliard $, puis de la Tanzanie avec 430 millions $, du Rwanda (230 millions $), et enfin le Burundi (36 millions $).

Se basant sur l’étude « Analyse comparative du code des investissements du Burundi par rapport aux autres pays de le sous-région » qu’il a menée pour le compte de l’Agence de Promotion des Investissements (API), Esaie Ntidendereza, chef de service de promotion des investissements au sein de l’agence, a exhorté les Burundais de l’étranger «à investir davantage au Burundi dans différents domaines ». La raison? « Le pays est plutôt une terre propice à l’investissement car le dernier classement Doing Business de la Banque Mondiale nous a placés à la 17ème place en matière de facilités dans la création d’une entreprise, loin devant les autres pays de la sous-région qui reçoivent de sommes considérables envoyées par leurs diasporas ».

Tout n’est pas rose

Cette bonne place semble être un arbre qui ne devrait pas cacher la forêt. Si le transfert de fonds dans la sous région occupe une grande part dans les économies régionales, il faut aussi savoir les capitaliser. Et cela passe par la capacité à lever certains défis. « L’insécurité, la bonne gouvernance, la corruption, le manque d’une politique de concurrence claire sont parmi d’autres des points qui freinent l’envie d’investir au Burundi », relève le chercheur dans son étude.

Un jeune participant à la session de réflexion est revenu sur le système de transferts même de fond « pas suffisant à lui seul car il faut aussi penser au transfert des compétences ». Ce jeune entrepreneur a cité un domaine souvent « négligé par la diaspora alors qu’elle occupe une place de choix dans l’économie du Burundi »,  à savoir l’agriculture. Et de donner l’exemple d’un ingénieur burundais qui affirme qu’avec un appui financier, « l’on pourrait même irriguer les hauteurs de Bururi avec l’eau du Tanganyika ».

Miser sur le capital humain en plus du financier, c’est également la voie que propose Léonard Sentore, directeur de l’API qui tranquillise ceux qui hésitent encore à investir au Burundi: « Nous avons des ressources non encore exploitées sur lesquelles vous pourriez œuvrer à partir des compétences acquises dans les pays où vous residez et notre agence est là pour vous accompagner dans tous les processus».

Des modèles au Maroc et au Sénégal 

Comptant parmi les pays ayant beaucoup de citoyens qui s’expatrient, le Maroc et le Sénégal sont les invités d’honneur de cette semaine pour partager leurs expériences. Représentant le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’Etranger et des Affaires de la Migration, Mohamed Bouguidou, a expliqué comment faire pour que quelqu’un qui s’installe hors des frontières de son pays reste en contact avec ses racines: « Chez nous, nous allons à la rencontre de ces personnes. On ne décide pas à leur place. Dans des rencontres que nous organisons, ils expriment leurs souhaits et nous travaillons à base de leurs recommandations ». Ainsi, un guichet unique des Marocains de l’étranger a été créé et les transferts d’argent se font d’une manière fiable et avec une taxation allégée suite aux doléances des expatriés.

>>> Les frais de transfert de fonds en Afrique sont les plus chers au monde (African Institute for Remittances)

Au Sénégal la diaspora est représentée dans les instances étatiques. El Hadj Abdoul Karim Cissé qui représentait le pays de Senghor dans cette discussion a expliqué que « le Sénégal compte quatorze régions et que la diaspora constitue la quinzième. Ces gens qui partent doivent demeurer utiles à leurs pays en partageant les connaissances et les compétences acquises sous d’autres cieux. C’est pour cela que les Sénégalais de l’étranger sont représentés au Parlement ».

Enthousiasmée par ces témoignages, l’assistance composée en grande partie par des expatriés, a recommandé au gouvernement du Burundi de tout mettre en place quitte à ce qu’ils puissent porter leur pierre à l’édifice car, a rappelé un d’eux, « Amazi arashuha ntiyibagira i bumbeho ».

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