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Lavage après une coupe de cheveux : une pratique différemment appréciée

Il existe des petites cabines dans des salons de coiffure tenues souvent par des jeunes filles où des hommes se font laver les têtes après leurs coupes de coiffure. Certains apprécient ce service, mais d’autres le trouvent pervers. Le point.

Certains hommes se coiffent deux à trois fois la semaine avec un programme bien établi, chez un même coiffeur. Mais au-delà, de leur coupe, c’est surtout le service d’après qui les attirent : le lavage à la tête après leur coupe par la gent féminine. 

Safina, une des celles qui offrent ce service tant convoité, indique que les hommes apprécient énormément ce soin : « Ils viennent souvent après une journée de travail, se détendre en plus de se faire coiffer. C’est pour cela qu’en plus du salon de coiffure habituel et notre service de lavage, nous essayons de créer une atmosphère de détente. » 

Ces propos sont confirmés par Gérard. M, l’un des adeptes de ce lavage : « J’avais déjà fréquenté d’autres salons de coiffure bien avant mais le savoir-faire et le professionnalisme de ces filles sont extraordinaires. » 

Et de citer leur tendresse et la douceur de leurs voix comme les qualités qui le poussent à solliciter leur service chaque fois qu’il se fait couper les cheveux : « Ce sont de vrais artistes dans leur genre. Elles ont des mains lisses et lorsque leurs mains passent sur ton visage et ton cou, il n’y a pas mieux pour bien terminer sa journée. »

Un service répandu

Difficile de ne pas y croire tant ces hommes font la queue devant ces petites cabines, attendant patiemment leur tour. Certains avouent avoir du mal à se passer de ce traitement. Bien plus, ils préfèrent souvent la meme fille pour les laver. Ce que corrobore Safina en affirmant que ses clients lui sont fidèles : « Ils ne supportent qu’une autre personne les touche sur la tête et préfèrent rebrousser chemin sans même se faire couper les cheveux si je ne suis pas disponible jusqu’au jour où je le serai. »

Même si cette pratique semble répandue et appréciée par la gent masculine, certains y voient de la provocation et une certaine perversion. Alex Nizigiyimana, un commerçant rencontré au centre-ville de Bujumbura raconte comment il s’est senti embarrassé : « Je n’oublierai jamais ce jour-là. Déjà, quand tu entres elle t’accueille comme si vous vous êtes déjà vu quelque part. Jusque-là ça ne me pose pas problème. C’est après le lavage que les choses commencent à devenir bizarre. Elle m’a ouvert les boutons de ma chemise et m’a carrément caressé la poitrine. »

M. Nizigiyimana dit l’avoir vite arrêté car à sa connaissance elle était censée prendre soin de sa tête et non sa poitrine : « C’est à se demander s’il s’agit d’un simple lavage ou d’une pratique sexuelle qui ne dit pas son nom. » Sans pointer quelqu’un du doigt, dit-il, rien que le regard de ces filles ou les tenues qu’elles portent sont révélateur de ce qu’elles désirent réellement sans même le dire à haute voix. 

Etonnement chez les propriétaires

Contacté, Damascène qui tient un salon au centre-ville de Bujumbura se dit étonné par ces accusations. Selon lui, ces cabines ont été installées sur demande des clients eux-mêmes : « Ils sont venus nous demander de le faire parce qu’ils l’avaient vu faire dans d’autres pays. En plus, personne n’est obligé de passer par le lavage. Chacun est libre de rentre dès ma fin de sa coupe de cheveux parce que ce service supplémentaire est payant. »  Et de conclure qu’il faut évoluer avec le temps. Tant que les clients réclament d’être lavés après leur coupe, ce service leur sera offert. Et si un ou deux clients se lamentent, c’est tout à fait normal.

Un article rédigé par Christian Biregeyi, issu de la faculté des sciences de la communication à l’Université Lumière de Bujumbura dans le cadre d’un stage au sein du Magazine Jimbere

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