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Le kirundi, une richesse à entretenir

Fédérateur, canal par excellence de nos traditions, le kirundi est un atout majeur pour notre société.  Toutefois, à côté de tous ces avantages dont elle regorge, des défis ne manquent pas. À l’occasion de la 20ème édition de la Journée Internationale de la langue maternelle, gros plan sur la principale langue parlée sur l’ensemble du territoire burundais.

La stature de cette langue la hisse dans le très restreint groupe des langues nationales qui sont parlées sur toute l’étendue d’un pays africain. « Seules six langues africaines  peuvent se targuer d’avoir des locuteurs sur la totalité des territoires où elles sont parlées, le kirundi, le kinyarwanda, le somali en Somalie, le mélino au Madagascar, le sotho au Lesotho et le kiswati au Swaziland (Eswatini) », précise Dr Ferdinand Mberamihigo, enseignant à l’Université du Burundi au sein du département des Études africaines.

Aux yeux de cet universitaire, le kirundi est une richesse exceptionnelle qui devrait être exploitée pour le bien de toute une nation. Contrairement à plusieurs pays où l’on doit choisir une langue véhiculaire qui fait office d’outil de communication officielle pour une population établie sur une contrée déjà linguistiquement morcelée, le kirundi a le mérite de fédérer toute la population burundaise sans distinction aucune. «  Et cela est un énorme atout, précise Dr Mberamihigo. La langue est le meilleur moyen pour le maintien et la propagation de la culture, des traditions, de la philosophie, bref de l’identité d’un peuple. Il suffit de prendre en exemple les contes et les proverbes pour s’émerveiller des richesses qu’ils contiennent ».

Un grand corps malade

Malheureusement, le kirundi reste encore pensé par plusieurs personnes comme une langue folklorique qui ne pourrait être utilisée dans le domaine scientifique. Les chants traditionnels, les contes et autres formes orales semblent être la limite infranchissable pour le kirundi.

Une théorie essentialiste qui, selon le linguiste Mberamihigo, n’a pas raison d’être : «  Ce n’est qu’une question de volonté. Si des études sont faites, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que tous les domaines peuvent bien faire bon ménage avec le kirundi. Même ceux perçus comme étant l’apanage des Occidentaux, notamment internet ». Une initiative qui est déjà promue par un groupe d’internautes qui se sont lancés sur le chantier de mettre  en ligne des pages en Kirundi sur Wikipédia.

Le kirundi souffre également du manque d’harmonisation. L’Académie Rundi qui devait le faire n’a pas fait long feu. L’absence d’une institution légitime qui ferait autorité dans l’élaboration d’un kirundi standard demeure un  grand défi.

Un dictionnaire monolingue qui serait le fruit d’une institution est plus que jamais souhaitable pour aider ceux qui se perdent devant un mot nouveau en kirundi. Les Burundais devraient aussi être fiers de leur langue. Amusé, le Dr Mberamihigo livre une anecdote qui en dit long sur ce qu’il a vu à l’étranger en matière de fierté envers sa langue : « Quand je faisais mon doctorat dans la ville flamande de Gand, j’étais fasciné comment tout se faisait en Flamand. Cela pourrait nous inspirer, je trouve que parfois nous utilisons des langues étrangères dans des moments où le kirundi pourrait le faire parfaitement. »

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