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Kirundi
Théâtre

Ingundu y’Umuganuro, l’apéritif

Une double présentation d’une pièce de théâtre qui met à l’honneur le kirundi se profile. Quelques indiscrétions sur ce grand rendez-vous du 22 et 23 février 2019, qui promet d’être jouissif.

Des noms parmi le meilleur de la nouvelle génération de l’art théâtral burundais réunis dans une pièce autant croustillante qu’innovante. Les troupes Ouf, Umunyinya Theatre Company et les Enfoirés de Sanoladante qui forment le collectif  Le Théâtre Burundais, débarquent sur les planchers pour interpréter « Ingundu y’Umuganuro » de Rivardo Niyonizigiye.

Trois coups ! Nous voici embarqués dans retour vers le passé. Deux comédiens s’engagent dans une chorégraphie effrénée. En bande son, une voix féminine accompagnée d’une douce mélodie à l’« indonongo » nous conte les péripéties des pages noires de notre Histoire. Les anciens inséparables, voici qu’ils se regardent en chiens de faïence. Un groupe jette l’anathème sur un autre et vice-versa. Bref, c’est le chaos total.

Mais la magie de la plume de Niyonizigiye et le brio des acteurs qui nous téléportent dans leur univers nous acheminent peu à peu vers un happy end à couper le souffle. Comment des ennemis jurés retrouvent leur entente d’antan ? Comment un garçon d’une composante différente de celle de la fille parvient à déclarer sa flamme à sa dulcinée dans un kirundi d’un romantisme à faire oublier les vers enflammés de Ronsard ? Voilà un plat théâtral qui vous attend et à consommer sans modération.

Une pièce qui questionne

L’idée d’écrire cet opus ne date pas d’hier. Elle prend source d’une histoire vraie qui s’est passée dans la vie de son auteur à une époque où le Burundi souffrait des affres de la guerre. « Nous étions au secondaire dans un lycée à régime d’internat. Entre élèves de différents groupes ethniques régnait une méfiance viscérale que l’on restait sur le qui-vive », se souvient Niyonizigiye.

C’est effectivement lors des rondes nocturnes qu’ils effectuaient pour se rassurer face au spectre de l’ennemi d’en face qui rôdait dans leurs esprits soupçonneux qu’est née l’idée d’écrire cette pièce. « Je trouvais cela quand même ridicule de voir en mes camarades des messagers d’une mort certaine. Tout cela m’a emmené à me poser une grande et vaste question qui est celle de savoir qu’est-ce qu’un Burundais ? Est-ce cette personne, l’autre qui me veut que du mal ? ».

Et de ce questionnement, après avoir revisité l’Histoire, le jeune dramaturge a couché ses impressions sur des pages blanches et mis dans la bouche des protagonistes des paroles qui, force est de le constater, portent à une réflexion, introspection et remise en cause de nous-mêmes face à nos responsabilités.
Vivement ces 22 et 23 février, au Château 9 (Ex-La Pelouse), à 18 heures.

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