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Cinéma

FESTICAB :  le cinéma burundais et l’autonomisation de la femme à la croisée des chemins

Du 27 mai au 3 juin 2022, le Festival du Cinéma et de l’Audiovisuel du Burundi battait son plein sous le thème : « Entrepreneuriat et autonomisation économique de la femme ». Retour sur la 13ième édition du FESTICAB.

Alors que l’édition précédente prônait la lutte contre les violences basées sur le genre à l’égard des femmes, le choix du thème « Entrepreneuriat et autonomisation économique de la femme» pour cette 13ème édition se justifie: Au Burundi, sur 80,2% des propriétaires fonciers, 62,5 % sont des hommes et 17,7% des femmes – RGPH 2008.

Encore plus, selon la Banque de la République du Burundi, seulement 12,1% des femmes sont clientes des institutions financières contre 32,6% des hommes. Cela est d’autant plus marqueur du long chemin qu’il reste aux femmes d’accomplir vis-à-vis de leurs pairs masculins. Il est dès lors évident que l’autonomisation complète de la femme burundaise requiert une mobilisation de différents acteurs, y compris le cinéma.  C’est dans cette perspective-là qu’intervient le FESTICAB avec sa 13ieme édition.

La cinématographie à la rescousse

Pour l’assistant du Ministre en charge de la culture, Jean Claude Kanene, présent à l’ouverture officielle du festival ce 27 mai : « La 13è édition du FESTICAB est une fierté pour le pays car il met en lumiere celles qui se battent. Il démontre à suffisance que la femme contribue via l’entrepreneuriat au développement du Burundi. »

Pour cette autorité, le FESTICAB s’affirme à la fois comme un cadre ludique et divertissant tout en jouant un rôle prépondérant dans la conscientisation de la société burundaise sur cette problématique et différentes autres.

Présence remarquable des films burundais…

Plus de 20 films des auteurs burundais ont participé  au festival. Dans la soirée de remise des distinctions ce 3 juin 2022 à l’Institut Français du Burundi, le film « Ishusho y’umuntu » de Amedée Manirakiza a remporté le prix du meilleur film national long métrage. Celui-ci met sur le grand écran un thème autant ignoré que prépondérant dans la société: l’infidélité et les conséquences qui en découlent a travers les mille et unes turpitudes du couples de Timothée et Solange.

Amedée Manirakiza recevant le prix du meilleur film national long métrage grâce à son film « Ishusho y’umuntu »

 Le film Une vie en couleurs de Lionnel Nishimwe a été élu à la fois meilleur film national court métrage, meilleur son et meilleure image.

Le prix de la meilleure interprétation féminine a été décerné à l’infatigable Faxine Uwimana. Celle-ci aura joué dans 4 films nominés dans cette édition alors que son film Audelà des orages a occupé la troisième place dans la catégorie films nationaux longs métrages. Rémy Hakizimana alias Tambwe fut lui aussi nominé meilleure interprétation masculine.

Pendant toute une semaine, 74 films nationaux et internationaux furent projetés à l’Institut Français du Burundi, le Centre Jeunes Kamenge, l’Alliance Franco-Burundaise de Gitega et dans les Centres de Lectures d’Animation culturels CLACs de Gishubi, Rutovu, Rango, Mugina et Isare.

Mais que retenir ? Au Burundi, la cinématographie s’impose du jour au lendemain grâce à différents partenaires comme la Coopération Suisse au Burundi qui accompagne le FESTICAB depuis 11 ans comme le précise Bruce Maver, Directeur. Mais, toujours est-il qu’il y a encore du chemin à faire. Cet art peine à percer et à s’affirmer dans le concert des nations à l’heure du numérique.  «Pensez aux Oscars, au festival de Cannes, … Ne vous arrêtez pas sur les télénovelas et le Nollywood», a lancé aux cinéaste burundais le juré Junior Biraronderwa. Vivement la 14ième édition.

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