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Elevage

Elevage : 640 porcins distribués à Kayanza

Le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité (PIPARV-B), un projet financé par le FIDA, a distribué, ce 12 mai 2021, 640 porcins aux populations de Gatara, Kabarore, Kayanza et Matongo en province Kayanza. Objectif : réduire la pauvreté dans les familles.

La joie se lisait sur les visages des bénéficiaires de ces porcins. La distribution concernait les familles les plus vulnérables qui ont une propriété ne dépassant pas 0,5 ha et qui ne domestiquent aucun animal. Ces familles ont généralement des lopins de terre, juste où construire une maisonnette et vivent du travail dans les champs de leurs voisins.

Evelyne Niyonkuru, une mère de trois enfants qui a reçu un porcin explique qu’elle va se développer à l’instar de ses voisins grâce à ce don : « Je produirai plus dans ma petite propriété grâce au fumier, ce qui me permettra non seulement de bien nourrir mes enfants mais de leur payer les frais scolaires. »

Et de confier qu’elle n’a jamais récolté plus de 10 kilogrammes de haricot. Son champ est tellement petit qu’elle ne met que deux jours pour le cultiver. Le reste du temps, elle et son mari travaillent chez les voisins ou amis pour avoir de quoi mettre sous la dent : « En cas de manque de travail, la famille passe la journée sans manger. »

Cette mère de 30 ansremercie le FIDA pour ce geste tout en confiant que ce porcin lui permettra, au moins, de récolter 50 kilogrammes à cause du fumier qu’elle va en tirer : « C’est une grande bénédiction pour moi et ma famille. »

La même joie était perceptible chez les familles Batwa bénéficiaires également de ces porcins. Violette Ndayisenga de la communauté des batwa et mère de 5 enfants n’arrivait pas à trouver les mots pour exprimer sa gratitude : « Mon Dieu ! le ciel s’est souvenu de nous qui ne vivons que dans de petites parcelles. » Elle affirme ne pas avoir là où cultiver. Avec ce porcin, elle espère vendre du fumier et acquérir un lopin de terre pour cultiver comme les autres : « J’aurai peut-être quelqu’un qui voudra mon fumier en échange d’un espace pour la culture. Et ainsi j’aurai là où produire pour faire vivre ma famille. »

Selon elle, ce porcin va changer la vie de sa famille : « Mes enfants auront de quoi manger et vont retourner à l’école. Avec ce porcin, j’aurai également de quoi vêtir ma famille. » Et de lâcher qu’elle entretiendra ce porcin comme il se doit.

Comment le choix des bénéficiaires s’est-il passé ?

En provinceKayanza, le PIPARV-B distribue le porcin sur 20 collines des quatre communes que sont Gatara, Kabarore, Kayanza et Matongo. Maurice Ntahiraja, responsable du volet élevage au PIPARV-B, explique que le choix des bénéficiaires se fait en assemblée générale de la population sur ces collines : « C’est la population elle-même qui détermine qui doit bénéficier du porcin selon la richesse des uns et des autres. Les critères étant d’abord la superficie de la propriété et les animaux que chacun possède chez lui. » Et donc, ceux qui ont été choisis comme bénéficiaires, font partie des gens les plus vulnérables trouvés sur ces différentes collines qui n’ont ni vache, ni chèvre ni porcin à la maison et qui possèdent une propriété inférieure à 0,5 ha.

Maurice Ntahiraja indique en outre que chaque colline reçoit 30 truies et 2 verrats. Prochainement, fait savoir ce responsable, le projet distribuera sur ces mêmes collines des chèvres jusqu’en juin prochain. Chaque colline recevra 60 chèvres et 4 boucs de race améliorée.

Ces familles sauront-elles entretenir ces animaux ?

A cette préoccupation, Maurice Ntahiraja tranquillise et affirme que la distribution est chaque fois précédée par des séances de formations : « Le PIPARV-B a prévu des champs écoles pour des formations de six mois en matière d’élevage. » 

A part ces formations, chaque bénéficiaire reçoit du tourteau pour nourrir son porcin pendant trois mois sauf les batwa qui pourront avoir plus de tourteaux pour couvrir six mois à cause de leur situation très précaire. Quant aux soins en cas de maladie, Maurice Ntahiraja, fait savoir que ces bêtes seront soignées gratuitement sur une durée d’une année.

Et d’indiquer que l’important n’est pas la distribution elle-même mais la dynamique de la chaine de solidarité porcine et caprine lancée, gage d’un développement durable : « Ceux qui ont reçu ces porcins doivent offrir à leur tour au moins trois aux voisins dans ce qui appelé chaine de solidarité. D’ici quelques mois, chaque ménage aura un porcin sur ces collines. »

L’administration appelle à bien entretenir ces porcins

Corneille Ntakiyiruta, chargé des opérations du projet rappelle que ces porcins ne sont pas à vendre et moins encore à consommer mais destinés à l’élevage : « C’est un bien commun pour vous sortir de la pauvreté. » Et de demander que personne ne commette ni l’erreur de vendre ni celui de consommer ce don.

Même son de cloche chez Sylvestre Nsaguye qui a représenté l’administrateur commune de Kayanza lors de cette séance de distribution. Il a promis que désormais les administratifs à la base, de la colline à la commune vont suivre de près tous ceux qui ont reçu ces porcins et vérifier s’ils sont bien entretenus : « Nous n’hésiterons à les retirer à ceux qui auront échoué à cette mission et à les donner à ceux qui la bonne volonté car il s’agit d’un bien commun. » Il met en garde tous ceux qui auront consommé ces porcins : « Ils vont rembourser leurs prix en plus d’autres pénalités conformément à la loi. »

Soulignons qu’en marge de cette distribution des porcins à Kayanza, 23 vélos et téléphones androïdes ont été offerts aux agents communautaires de santé animale pour mieux encadrer les bénéficiaires. Ces vélos leur permettront de se déplacer et les téléphones à alerter les autorités avec plus de précision sur d’éventuelles pathologies afin de les circonscrire et de les traiter rapidement.

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