Jimbere

Kirundi French English
Société

Le discours autoritaire, une menace pour la cité

Souvent émaillé d’invectives, caractérisé par une indécence dans le style, le discours autoritaire ne laisse aucune place au dialogue. Utilisé souvent pour justifier ou assoir de force des mesures unilatérales, il peut se transformer en messages de haine. Blaise Izerimana, socio-anthropologue met en garde et appelle à plus de concertation.

Quand est-ce que le discours devient autoritaire ?

Un discours devient autoritaire lorsqu’il relève de l’imposition sans l’avis des concernés. L’exemple type est celui d’un père de famille se trouvant dans un bistrot quelconque et qui essaye de penser sur l’avenir sa famille, l’organisation de celle-ci et qui prend des décisions sans consulter ni sa femme ni ses enfants. L’autre exemple est celui d’une autorité ou d’un gouvernant qui, face à un problème particulier de société, prend des décisions sans demander l’avis des concernés. Dans les deux cas, le discours qui accompagne les actes relève souvent de l’imposition, des propos qui ne laissent pas de place au dialogue.

Blaise Izerimana: « Une autorité ne devrait jamais prendre une décision sans le consentement ou l’avis des gouvernés »

Comment le discours autoritaire peut conduire aux messages de haine ?

Lorsqu’une autorité prend une décision sans le consentement ou l’avis des gouvernés, ceux-ci l’interprètent comme une injustice à leur égard même s’ils obéissent tout simplement. Et pour cause, le discours souvent utilisé ici dresse un groupe contre un autre, accuse un groupe d’être responsable des maux dont souffrirait un autre groupe. Au lieu de l’adhésion, nous sommes face à la soumission et à l’obéissance des décisions, souvent plein de mensonges et beaucoup d’exagérations aussi, ce qui conduit in fine aux mésententes entre groupes sociaux, aux messages de haine voire à la violence.

Quelles sont les conditions ou décisions qui peuvent favoriser les messages de haine ?

La première condition est la privation de liberté de parole, ne pas avoir le droit de dire ce que l’on pense sur un sujet quelconque. Or, tout ce qu’on fait pour moi mais sans moi, ne me concerne pas. Dans ces conditions, les gens cherchent à exprimer leurs avis de n’importe quelle manière y compris en utilisant des discours haineux. Par ailleurs, ils ne sont pas à l’abri des manipulateurs qui cherchent à les exploiter, dressant des groupes contre d’autres sur fond des décisions prises sans aucune concertation par les décideurs.

Comment alors éviter cette instrumentalisation, source des messages haineux ?

Il faut adopter un discours apaisant et surtout laisser la liberté aux gens de s’exprimer sur tout ce qui les concerne. Les gouvernants doivent savoir qu’ils ne maitrisent pas tout et trouver le temps de discuter avec leurs gouvernés sur les problèmes touchant la société afin de trouver des solutions ensemble. Cette concertation permet bien souvent de prendre des meilleures décisions contrairement à ce qu’ils pensent.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

To Top