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Economie

Onatel: Le destin plus incertain que jamais!

Terrassée par une crise financière sans précédent, l’Office National de Télécommunication (Onatel) inquiète son personnel, sa direction et est plus que jamais dans le viseur du Gouvernement burundais. Une histoire à une fin difficile à anticiper !

Pour peu que l’on puisse dire, l’Onatel Mobile fait figure d’un patient comateux dont le destin parait plus incertain que jamais. Aujourd’hui, la société, érigée malgré elle au statut d’anti-modèle des entreprises publiques par les autorités, se retrouve dans l’incapacité de payer la totalité de salaires de ses employés. En juillet 2021, le personnel avait choisi d’alerter en faisant un sit-in pour réclamer 4 mois d’arriérés de salaire alors que l’administration de ladite organisation reconnaissait une dette de trois mois, qui plus est, n’est pas encore liquidée jusqu’à jour.

Par la suite, le 1er septembre 2021, le Président de la République Evariste Ndayishimiye, lors d’une séance de moralisation sur la bonne gouvernance et le patriotisme à Isare à Bujumbura, a déclaré que « Si l’Onatel n‘est plus en mesure de les payer, qu’ils (ses employés) rentrent à la maison. »

La sentence était prononcée par le numéro Un Burundais : aucun sous ne sera injecté dans les comptes de l’Onatel. C’était la réponse à l’appel aux fonds lancé par l’Onatel pour une relance de son capital qui s’amaigrissait sans retour.

Une affaire de longue date

L’histoire date de 1979 à la création de l’Office National de Télécommunication. Au départ, cette entreprise publique de télécommunication offrait des services de téléphonie fixe. La source de tous les maux serait survenue dans les années 1990 lorsque le Gouvernement burundais a adopté la politique de privatisation et de libéralisation de certaines entreprises à participation publique.

En effet en 1993, le Burundi comptait 35 sociétés publiques  y compris l’Onatel dont la privatisation de sa gestion  était prévue en  1994 (source : SCEP 1998, annexe 1 p43 D Ngendakumana).

Cela étant, en attente d’un nouveau client, l’entreprise va couler progressivement suite aux errements stratégiques et opérationnels et un laxisme sans pareil de l’inspection général de l’Etat vis à vis des gestionnaires de cette société qui ont conduit à un déficit budgétaire sans précèdent. Depuis, aucun investisseur ne s’est décidé jusqu’alors d’acheter cette entreprise dont les indicateurs sont en rouge depuis déjà un bon bout de temps.

Un déficit difficile à combler

2005, l’office a adopté le nom de l’Onatel mobile ou Onamob et a connu sa première extension en 2009-2010. L’Onamob était témoin d’une évolution qui, en plus de s’occuper de la télécommunication, fournit aussi l’accès à l’internet et la transmission des données. Mais son chiffre d’affaire ne cessait de baisser.

En 2017, la société chinoise « Huawei International Limited » a mis une enveloppe de 30 millions de dollars US à la disposition du gouvernement burundais pour relancer l’Onamob. Ce prêt remboursable sur une période de 10 ans, représentait « un investissement de survie ». Le but principal était de moderniser et d’étendre le réseau de l’Office national des télécommunications (Onamob).

D’une part, cette opération devrait permettre à la filiale de l’Office national des télécommunications (Onatel), de proposer aux populations des services télécoms de meilleure qualité. De l’autre part, cette modernisation et extension de réseau lui donnait les atouts pour rivaliser avec les opérateurs de téléphonie mobile privés, et enregistrer de meilleurs revenus.

Mais rien n’y fit. Le 19 novembre 2020, la ministre en charge de la communication, des technologies de l’information et des media, Chantal Nijimbere signale que le chiffre d’affaire de l’Office a connu une chute de 50% en quatre ans passant de 10 milliards de Fbu en 2015 à 5 milliards en 2019 et curieusement la masse salariale a augmenté de 240% passant de 90 millions à 300 millions de Fbu. Novembre 2020, le premier ministre burundais rend visite à cette entreprise et constate un endettement de 117 milliards de Fbu jusqu’en 2019.

Accusée d’incompétente par le Gouvernement, l’administration actuelle de l’Onatel pointe du doigt ses prédécesseurs et un personnel a la fois incompétent et pléthorique qui devrait être réduit n’eut-été des textes légaux qui rendent difficiles le licenciement des fonctionnaires de l’Etat même en cas de rendement médiocre. Par implication, la société ne peut plus s’acquitter de ses charges salariales alors que l’assiette des dividendes ne cesse de s’amenuiser. La scène à laquelle se prête les acteurs révèle mal la fin de l’histoire que beaucoup attendent impatiemment. Quelqu’un peut-il anticiper c’est quoi la suite s’il vous plait ?

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