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La dépression réactionnelle, une pathologie méconnue mais dangereuse

Elle est difficile à cerner mais frappe de plus en plus des jeunes, surtout scolarisés. L’échec scolaire suivi d’une stigmatisation parentale peut en être d’ailleurs la cause. Ce fut le cas de Marie … 

Du haut de ses 20 ans, Marie-Rose, une jeune citadine de Bujumbura a contracté cette pathologie fin 2018. Selon elle, tout débute par un échec à l’Examen d’Etat auquel personne ne s’attendait. La jeune fille brillante, intelligente et studieuse ne peut que réussir à l’Examen d’Etat. Tout le monde croit en ses capacités, pour les parents cette dernière année ne peut qu’être une formalité : elle va réussir et avec brio. C’est du moins la conviction de ses proches.

Lorsque les résultats tombent, le ciel lui tombe sur la tête. Tout s’écroule.  Personne ne comprend cet échec : « Mes parents l’ont très mal pris car ils m’avaient tellement mis la pression en rapport avec les études. » 

Les parents sont tellement en colère qu’ils n’adressent plus la parole à leur fille. Ils l’écartent même. Mais ils ne savent pas qu’ils viennent d’ouvrir une boite de pandore. 

Arrivé le temps d’aller chercher une place de redoublement, ils lui ont dit d’aller se débrouiller pour trouver elle-même cette place. Elle est partie et a passé plus de 3 jours à s’aligner sur de longs fils sans qu’on puisse l’accueillir. Finalement, elle a été acceptée mais à chaque fois qu’elle rentrait à la maison, elle s’enfermait dans sa chambre et elle s’abattait sur son sort. 

Le calvaire

Quelques temps après, elle a commencé à perdre connaissance, à s’évanouir en pleine rue ou à l’école, et quand elle reprenait ses esprits, elle ne se souvenait plus de rien. Elle a commencé à avoir des troubles de mémoires et avait du mal à reconnaître ceux avec lesquels elle était. 

Finalement, la famille la fait soigner. Quand elle se présente à l’hôpital, le médecin lui prescrit des antis dépresseurs qui auront des effets secondaires sur elle, surtout sur son corps : « J’avais un sentiment d’anxiété et de peur même à l’école mais je faisais tout pour le cacher. Voir de nouveaux visages à l’école me terrorisait. Je me sentais abandonnée surtout par le fait que je ne passais plus beaucoup temps avec mes amies. »

Ensuite, se rappelle-t-elle, est né un sentiment de culpabilité et de vouloir indexer les autres alors qu’elle-même ne s’intéressait plus à ses amies surtout qu’elles étaient occupées avec leurs études et qu’elles avaient horaires : « Je ne le comprenais pas et je me sentais délaissée. » Bien plus, elle se mettait beaucoup la pression pendant les examens par peur de revivre la même chose avec ses parents.

Actuellement la jeune femme se porte bien mais elle dit y avoir perdu des plumes. Et d’indiquer que les parents devraient suivre de près leurs enfants car souvent ils traversent des expériences difficiles sans que personne ne s’en rende compte. 

Une dépression réactionnelle s’observe par une souffrance morale, souvent causée par la tristesse, l’auto dévaluation, l’incapacité à prendre du plaisir, les troubles du sommeil, de l’appétit. Ces signes persistent avec la même force plusieurs mois après le traumatisme initial.

Selon les spécialistes en psychologie, une dépression est une maladie mentale qui peut être accompagnée des anomalies du cerveau, du fonctionnement du système limbique, amygdale, hippocampe et cortex préfrontal, anomalie des systèmes de récompense qui peut dans un cas des anomalies émotionnelles : la tristesse, la colère, l’anxiété, le manque de motivation, l’anhédonie (la perte de capacité à ressentir le plaisir) qui sont des symptômes cardinaux de la dépression. Un enfant en état de dépression devrait être beaucoup suivi par ses parents à travers des encouragements sur ce qu’il fait de positif, de l’aide dans ses travaux scolaires et autres en lui témoignant de l’affection.

Un article rédigé par Niyonkuru Offre Liena dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme un ancien du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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