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Culture

La culture est-elle une source de conflits au Burundi ?

Légiférer sur la culture ?

©REJA | Jean-Claude Niyuhire, artiste et fondateur de la troupe de danse Amagaba: « La culture est aussi tributaire de la puissance économique »

Forts de leur expérience au contact de la jeunesse, les enseignants présents lors du deuxième débat du think tank Isôko rappelleront l’urgence de « préserver notre culture et ses sous-cultures de la mondialisation qui avance, gomme tout sur son passage au moyen de la téléphonie mobile, des réseaux sociaux ». A trop laisser végéter les jeunes, pris en tenaille entre la kaléidoscopie urbaine du monde occidental et les poussées de la Chine qui arrive avec ses instituts Conficius et ses milliards d’investissement, « nous risquons d’avoir dans une dizaine d’années un Burundi de nom, sans véritable héritage culturel autre que la langue, et encore… » avertira Eric Ndayikengurutse, coordinateur national du REJA.

Du coup, il faut l’institutionnaliser, cette culture. La codifier. Certains iront même plus loin, proposant « des lois sur l’habillement, la langue, la solidarité entre Burundais, … bref filtrer et fixer tous ces éléments qui marquent la spécificité culturelle burundaise ». Rappel à l’ordre du Dr Constantin Ntiranyibagira, linguiste : « On ne peut pas légiférer sur la culture, car la culture c’est la vie. Par contre, il faut un dialogue national sur la question, qui devrait déboucher sur une collecte aussi exhaustive que possible d’éléments de notre patrimoine burundais.»

Autre urgence soulignée unanimement par le débat : la construction des musées pour archiver et transmettre cette diversité culturelle burundaise, avec au passage le rapatriement des trésors historiques pillés sous la colonisation. « Ce travail de valorisation et de préservation de la diversité culturelle burundaise se ferait sous la coupole d’un ambitieux instrument de politique culturelle nationale, quelque chose comme un Centre Culturel Rundi », a spécifié Nelly Budengeri, enseignante à Bujumbura. N’en a-t-on pas déjà (quoique sur papier) une composante essentielle, l’Académie Rundi, dont on attend depuis l’Indépendance la matérialisation pour réguler l’usage du kirundi ?

Dernier point soulevé par Jean-Claude Niyuhire, jeune artiste, fondateur de la troupe de danse Amagaba: « La culture est aussi tributaire de la puissance économique. Préserver la diversité culturelle du Burundi revient à en développer l’économie. »

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