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Coopératives au Burundi, un secteur aux avantages ignorés

C’est du moins la découverte faite par le Club d’Actualité Economique (CAE) de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université du Burundi qui présentait, le 19 février 2021, les résultats préliminaires de ses premières recherches sur l’apport des coopératives à l’économie nationale.


La présentation a été faite par une équipe de trois chercheurs en herbe, membres de ce club, en marge de la célébration de son 3ème anniversaire. D’entrée de jeu, ils font savoir que sept milliards de Fbu constituent le capital social des 6000 sociétés coopératives recensées fin 2020. Comme taux de pénétration, une personne pour 1.000 est membre d’une coopérative au Burundi.


Est-ce suffisant pour conclure que le développement du pays peut passer par les coopératives. Pour Tony Ezako, un des contributeurs à cette recherche, la réponse est pour le moment non. Et pour cause, explique-t-il, un bon nombre de défis restent à relever au préalable.


A la question de savoir si l’essor des coopératives au Burundi aura influé sur l’économie, la réponse est également négative. Chiffres et données tirées de l’Agence de Promotion des Investissements-API ainsi l’Agence National de Promotion et de Régulation des Société Coopératives-ANACOOP à l’appui, les jeunes chercheurs soutiennent que la contribution du secteur en question à l’économie reste freinée par la méconnaissance des avantages qui sont réservés à ces coopératives par l’Etat via les agences subventionnées.


A titre d’exemple, ces étudiants citent les articles 89, 90 et 91 de la loi de juin 2017 pour constater par exemple qu’en raison de leurs objectifs et de leur statut juridique particulier, les sociétés coopératives bénéficient à travers l’ANACOOP, de l’aide de l’Etat notamment sous forme d’assistance technique, de subventions, de prêts à intérêts réduits, d’aval de prêts, d’équipements ou toutes autres assistances visant le bien de leur développement. 


L’ANACOOP sollicitée à plus d’ouverture


Par ailleurs, ces textes montrent que les coopératives peuvent bénéficier d’un fond d’appui à travers l’ANACOOP, les modalités d’accès restant à être déterminées par ce dernier, en fonction des besoins du mouvement coopératif. « Le problème est que mes membres de ces coopératives ignorent tous ces avantages et n’en bénéficient pas », martèlent les jeunes chercheurs.


Bien plus, signalent ces jeunes, en raison du caractère social et de leur dévouement à la communauté, les sociétés coopératives œuvrant dans l’agroalimentaire, l’artisanat, l’éducation et la santé peuvent bénéficier des exonérations de tous les Impôts et autres taxes au cours de leurs cinq premières années d’existence. Ils peuvent, en outre, être exonérés des droits de douanes et autres taxes d’importation sur les intrants ou les équipements de production et de transformation nécessaires à leur fonctionnement.


Or justement, selon les recherches de ces étudiants, 80% de ces coopératives opèrent dans le domaine de la production, la commercialisation et la consommation. Et de suggérer à l’ANACOOP une mise en place de meilleurs canaux de vulgarisation et surtout d’accès équitable par toutes les coopératives aux facilités que leur consacrent les textes qui les régissent.

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

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