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Le Conseil National de la Jeunesse au Burundi (CNJB), un organe épouvantail ?

A la veille des élections des nouveaux membres du Conseil National de la Jeunesse au Burundi (CNJB) également appelé « Forum des jeunes », le constat est amer quant à son apport dans la vie des jeunes Burundais. Son bilan reste mitigé après 14 ans d’existence et d’aucuns se demandent à quoi il sert. Quelques éléments de réponse…

Alors que d’aucuns se demandent l’impact de ce conseil sur la vie de tous les jours des jeunes Burundais. T. Bizindavyi, habitant la zone Kamenge n’y va pas par quatre chemins : « Il y a eu annonce, je sais que l’organe existe mais à part les réunions que j’entends de temps en temps, je ne vois pas vraiment à quoi cet organe sert. »

En effet, lundi 7 décembre 2021, Ezéchiel Nibigira, Ministre de l’EAC, de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, rappelle que le moment d’élire les nouveaux organes du CNJB est presque arrivé. Il annonce, par la même occasion, la mise en place de la commission nationale électorale composée de 9 membres des commissariats nationaux.

Le 25 janvier 2022, Thacien Gahungu, président de la commission nationale électorale chargée de la mise en place de nouveaux organes du CNJB présente le calendrier électoral. « Ces élections se tiendront du 19 au 27 février 2022 ». Cela étant, bon nombre de jeunes interrogés, disent ignorer jusqu’à son existence.

Selon Jean Claude Ihorimbere, étudiant de l’Université du Burundi, ce conseil n’a d’existence que de nom: « En principe, dans d’autres pays, ce genre d’organes sont influents, consultés dans l’élaboration des politiques visant les jeunes comme par exemple en Tanzanie. Ils siègent même aux parlements dans les pays développés pour s’assurer que les problèmes des jeunes sont pris en compte par les politiques.

Comment ne pas tomber d’accord avec ce jeune lorsque la mission annoncée du CNJB dès sa mise en place en 2008 était de contribuer à l’éducation complète de la jeunesse et son intégration, mobiliser les jeunes autour des programmes d’éducation de la paix, aux droits de la personne humaine, de réconciliation et de reconstruction des infrastructures détruites par la crise, encourager et promouvoir la création et le développement des associations ou mouvements des jeunes, promouvoir les activités génératrices de revenus en faveur de la jeunesse. Mais comment tout cela se met en place et fonctionne concrètement ? Là est toute la question.

élu en 2016 pour diriger cet organe, Eraste Nzosaba, explique que le conseil national de la jeunesse se veut être une plateforme qui regroupe des organisations nationales des jeunes : « Normalement, cette institution est chargée de coordonner l’ensemble des projets et des activités de la jeunesse burundaise. Le problème est que depuis sa création en 2008, il n’y a pas encore de loi qui régit ce conseil. Bien plus, son budget reste extrêmement bas pour qu’il acquitte de sa mission et objectif convenablement. »

A qui rend-il compte ?

Dans les faits, soutient Eraste Nzosaba, le CNJB fonctionne et rend comptes à tous les jeunes burundais entre 18 et 45 ans. Et de rappeler par la même occasion que ceux qui veulent élire doivent avoir l’âge compris entre 18 et 45 ans. Quant aux candidats, ils doivent avoir entre 18 et 40 ans.  Après les élections, indique Thacien Gahungu, toutes les collines seront représentées par une seule personne tandis que 3 personnes représenteront respectivement une commune et une province : « Trois jeunes représenteront le comité au niveau national ».

A quand la loi régissant le CNJB ?

« Avant tout, nous n’avons ni la loi régissant le CNJB, ni l’encouragement nécessaire car les 14 millions de budget annuel accordés par le gouvernement sont extrêmement insuffisants », a déploré Eraste Nzosaba lors d’une conférence tenue le 1 février 2022. 

M. Nzosaba fait savoir que la plupart des dirigeants du CNJB sont des fonctionnaires dans d’autres institutions. Ce qui handicape la bonne marche des activités du conseil.

Durant son mandat, a révélé M. Nzosaba, quelques activités dont une sensibilisation à l’endroit des jeunes de collaborer ensemble dans les coopératives, ont été réalisées malgré les défis. Par la suite, le conseil a procédé à des réunions avec les jeunes pour leur demander de mettre en place des organisations chargées de mener des plaidoyers d’où la création de la banque BIJE…

Manque criant de moyens

Pour clore, Eraste Nzosaba demande avec insistance la mise en place d’une loi régissant le CNJB, suggère aussi la revue en baisse de l’âge des candidats de CNJB. Pour lui, l’âge se limiterait à 35 ans. Jimbere a contacté ceux qui sont chargés d’organiser ces élections au niveau du Ministère mais sans succès. Toutefois, des questions subsistent au sein des jeunes rencontrés qui ne comprennent pas comment 14 millions de Fbu peuvent être fixées comme budget et espérer des miracles de la part du CNJB : « Ce budget n’a pas bougé depuis 2016 et pourtant tout le monde sait qu’il ne sert qu’à organiser quelques rencontres entre jeunes. Mêmes ces élus ne perçoivent rien comme rémunérations. D’où le découragement observé ne fut ce qu’au niveau des inscriptions des candidats. »

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