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Elle a raté son avenir sportif à cause de ses seins

Alors que le monde célèbre les droits des femmes en ce mois de mars, certaines d’entre elles sont stigmatisées à cause de leur physique dont une grande poitrine. C’est le cas de Dorine (nom d’emprunt)

« Je n’ai pas eu de chance, on n’a pas voulu que j’avance », accuse Dorine, rencontrée à Bujumbura. Selon cette jeune femme œuvrant dans le petit commerce d’habits au centre-ville de Bujumbura, les obstacles auxquelles font face les jeunes filles dans leur parcours scolaire ou professionnel, sont diverses. Mais le sien fut traumatisant et douloureux.  

Adolescente, se souvient la jeune femme de 27 ans, elle était une jeune athlète, promise à un bel avenir. Elle courait les 200 mètres et les 1500 mètres : « J’étais première dans toutes les compétitions de ma commune et province. »

 A l’époque, elle est adulée, encouragée par ses proches et les éducateurs mais la situation change du jour au lendemain. Et pour cause, ses seins se développent rapidement et grossissent un peu plus par rapport à celles de ses amies athlètes féminins.  C’est le début des moqueries et la fin du rêve : « Je me souviens que lors de mes courses, les garçons et les filles me criaient dessus en disant que mes seins courent plus vite que moi. »

 Complexée, la jeune fille décide de se tenir droit en courant afin de réduire visuellement la taille de sa poitrine. La stratégie ne paie pas puisqu’elle recule au classement : « Je suis passé de la 1ère place à la 8ème. »

 Le poids des mots

Frustrée, désespérée, elle décide d’abandonner son rêve : « Je ne vivais et respirais que pour la course et malgré mon envie de continuer je me suis résolue à abandonner ce sport. »  Le pire dans cette histoire, est que Dorine accuse son entourage de ne pas l’avoir suffisamment soutenue. 

P.N, une autre femme rencontrée au centre-ville de Bujumbura affirme avoir vécu une situation similaire. D’après elle, beaucoup ont dû abandonner leurs rêves à cause de la stigmatisation : « J’étais très éloquente avec un esprit vif dans mon enfance, mais un jour un proche à moi m’a accusé de lui tenir tête à cause de mes seins (amanyama yasaze yansonze amabere et j’ai perdu toute confiance en moi.) »

Une jeune élève indique, quant à elle, que ses voisins se moquent souvent d’elle en lui disant qu’à son rythme ses seins vont surpasser ceux de sa maman : « Je ne porte que des habits larges lorsque je sors de chez moi pour éviter ces regards inquisiteurs et ces moqueries. »

Et d’appeler tout le monde à encourager les jeunes filles à aller de l’avant, peu importe leur physique au risque de briser leurs rêves

Par définition, une personne est dite complexée, lorsqu’elle se focalise sur certains de ses défauts, réels ou imaginaires, et que cela entraîne un sentiment d’infériorité.  Pendant l’adolescence, période qui s’accompagne en général des changements physiques, des propos blessants peuvent laisser des séquelles émotionnelles. Parfois ce sont des proches qui provoquent ces sentiments négatifs. 

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