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Burundi/Graphic design, les dessous d’un métier 2.0

Bien qu’il ne soit pas encore très connu par bon nombre de burundais, le graphic design devient de plus en plus indispensable, et à l’ère du numérique, il se trouve désormais au cœur de la stratégie (commerciale) des entreprises. Retour sur ce métier en plein essor au Burundi, et dont l’avenir est prometteur.

La publicité est un élément important dans la vie de toute entreprise commerciale, ou non.  Publiques ou privées, les sociétés, ou d’autres entités organisées, mais aussi des individus, font appel à des canaux de communication variés. C’est à ce titre que le graphisme est devenu incontournable pour la bonne marche des affaires.

Faisant partie de la chaîne de communication visuelle, intégrant la photographie et la vidéo, Fleurette Dukenguruke, jeune designer de Bujumbura, explique le rôle de l’art : « Il permet de combiner sur papier, le texte et la photo, afin de promouvoir, communiquer, faciliter la lisibilité, et étendre la visibilité d’un évènement, d’une campagne… selon les axes prédéfinis par les organisateurs ».

Et d’ajouter : « Pour cela, le mot d’ordre pour un designer graphique est la créativité tout en ayant à cœur de bien représenter, captiver en toute simplicité, toutes les informations nécessaires sans importuner ni ennuyer le destinataire. »

Le graphic design au Burundi, que retenir ?

Nick Florian Iteriteka, designer connu dans la capitale, admet que le graphic design vit ses beaux jours et assure ː « C’est un métier comme les autres qui nous fait gagner notre vie. » Néanmoins, il déplore qu’il ne connaisse pas encore le même succès que les autres métiers voisins, tels que la photographie ou la vidéo.

Fleurette citée plus haut, une des rares filles qui pratiquent l’art, donne les raisons pour lesquels le métier n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière : « Dans l’imaginaire du patron burundais, le graphic design n’a pas encore gagné toute son importance, et il est difficilement intégré dans la vie des entreprises, ce qui fait que même les commandes ne viennent pas régulièrement. Encore que se faire engager dans une boîte en tant que designer graphique reste très compliqué. »

N.M, patron d’une jeune entreprise est d’un autre avis concernant ce problème de manque de débouchés ː« S’offrir les services d’un designer permanent dans une entreprise est un luxe que seules les grandes entreprises peuvent se permettre, car leurs services sont très chers. »Ce que dame Fleurette balaie d’un revers de la main ː« On fait face souvent à des employeurs qui ne veulent pas nous payer car ne jugent pas le travail que nous faisons à sa juste valeur. »

Manque de cercles de partage

En outre, Nick Florian s’indigne du fait qu’il n’y ait pas au Burundi assez de formations, d’ateliers d’échange à l’intention des designers graphiques comme il est d’usage pour d’autres métiersː « La majorité d’entre nous, sommes des autodidactes qui ont appris le métier sur le tas. Cela fait que notre travail présente parfois des lacunes surtout pour des affiches à haut calibre. Un bon designer doit avoir des connaissances/compétences en typographie, en usage des signes, en images, en techniques de mise en page, etc., Pour s’améliorer, avoir de la maîtrise, en plus des tutoriels vidéo, nous avons besoin de partager nos expériences. »

Quant à Fleurette, elle invite les filles à apprendre ce métier qui a un avenir prometteur.

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