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A Mugongomanga, les hommes conscientisés sur la santé d’une femme enceinte

« Je vaque aux activités quotidiennes comme d’habitude et quand je n’ai pas la forme, mon mari me remplace dans les activités ou paye un journalier pour les travaux champêtres que j’aurais dû faire le même jour. Quant aux travaux domestiques, ma belle-famille vient à la rescousse. » Divine, enceinte de 6 mois.

Il est environ 16 h 30 minutes quand l’équipe de Jimbere entre dans le petit centre de négoce d’Ijenda en commune Mugongomanga. Avant de surgir au dernier tournant, l’écho du vacarme t’annonce le mouvement qui y règne. Côté gauche de la route Bujumbura-Ijenda, une ligne de bistrots, de l’autre côté, une rangée de boutiques alimentaires. Sous la fenêtre de l’une des boutiques s’assit un jeune homme approchant les 25 ans. Il discute avec la propriétaire qui tient un bébé à la main. Lui c’est Clovis, mécanicien de moto. Après d’amples présentations, Clovis affirme fièrement qu’il a passé la bague au doigt à sa dulcinée en novembre 2018. Sa femme est enceinte de 6 mois. Un coup de téléphone à celle-ci et elle accepte volontiers  de nous recevoir. Et c’est parti à la rencontre de Divine.  

Pour aller  sur la  colline Kagano, sur laquelle vit la famille,  nous  prenons   une route en terre battue qui ramifie sur le côté gauche de la route principale,  longeons derrière l’église catholique, traversons le quartier Buyenzi (appelé ainsi pour sa similarité au quartier swahilifone de la capitale économique). Après le quartier et l’usine de l’OTB (Office du Thé au Burundi) un peu plus loin, nous  descendons  la colline, des eucalyptus sur le côté droit et des terrains verts étendus constituent le gros du paysage des deux montagnes qu’on doit dépasser pour arriver chez clovis.  Clovis et sa femme vivent dans la même cour avec la famille du mari. 

Aux activités comme à la normale

« Je me réveille naturellement à 7 h du matin. Je fais la propreté de tout l’enclos.  Comme  nous sommes  nouvellement  mariés, la culture burundaise (toujours en vogue dans la région Mugamba)  ne nous permet pas de cuire nos aliments. Je partage le thé avec mes belles sœurs qui vont à l’école. Ce que sera ma journée sera déterminé par plusieurs facteurs, mais la primordiale, c’est l’humeur du jour», racontera la jeune femme de 22 ans, tout sourire.

« Si je ne  suis pas en forme, ce qui m’arrive parfois, je reste à la maison. Non seulement, il est au courant des changements d’humeur d’une personne enceinte mais aussi mon mari me remplace ou paie un journalier compte tenu de l’urgence de l’activité. Si mon jeune beau-frère (cadet de la famille) est allé à l’école, je garde les quatre vaches de la famille jusqu’aux environs de midi et ma belle-mère, restée à la maison prépare le déjeuner. Quand je rentre, je lui prête main-forte en allant puiser de l’eau, ou tout autre travail demandant moins d’effort. » Accolera-t-elle.

« Dans l’après-midi on se départage avec mes belles sœurs les activités : aller chercher dans les champs ce qui constituera la ration du soir et du lendemain  ou  puiser de l’eau », détaille Divine. « Heureusement que je n’ai souvent pas de malaise, seule l’endurance change et quand je me sens fatiguée, je me repose. Je ne suis sous aucune pression, ni de mon mari ou de ma belle-famille».

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