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Infrastructures

Burundi : de grandes ambitions en termes d’électrification

Avec le temps, les villes burundaises se sont agrandies, entraînant l’augmentation de la consommation électrique dans les ménages. Pourtant, cette dernière se classe aujourd’hui parmi les plus faibles sur le continent africain. Face à cette situation, le gouvernement burundais a élaboré un Plan National de Développement (2018-2027) dans lequel il ambitionne de booster la production énergétique en construisant plus de centrales électriques et en agrandissant le réseau électrique au niveau régional… 

Bien des années après l’indépendance en 1962, la principale ville du Burundi, qui signe l’activité urbaine dans le pays, s’agrandit. Ainsi, Bujumbura voit sa population citadine augmenter, passant de 333.044 habitants en 1990 jusqu’à 1.329.710 citadins en 2020. Une densité humaine en progression alors que l’énergie nécessaire pour tous ces ménages s’accroît peu : 128 GWh sont disponibles en 1995 pour une population burundaise de 6,03 millions d’âmes, soit un taux de recouvrement de 2%. Un chiffre inchangé en 2020, où les 76.897 ménages connectés au réseau électrique se partageaient 78.7MW, avec une consommation moyenne énergétique par an de 23 KWh contre une moyenne africaine de 150KWh.

Ce qui explique pourquoi aujourd’hui, bon nombre de ménages dans les espaces urbains et semi-urbains utilisent toujours encore du bois, des bougies et du mazout pour leurs consommations énergétiques. La partie de cette population la plus affectée reste celle des femmes rurales dont leur rôle est souvent de s’occuper des enfants et de cuisiner.

Le Plan National de Développement pour un Burundi éclairé

Selon la Stratégie sectorielle de mise en œuvre du Plan National de Développement « PND Burundi » (2018-2027), les interventions dans le secteur de l’énergie visent à accroître la production énergétique et à rendre l’électricité plus accessible et moins coûteuse. Celles-ci consistent en la construction, la réhabilitation et/ou extension des infrastructures énergétiques. Depuis 2018, le gouvernement burundais travaille à accroître la production de telle sorte qu’à la fin du programme, en 2027, plus de 251.196 ménages burundais soient alimentés en énergie électrique. 

D’où la course pour la réalisation des projets nationaux et régionaux de plus de 200MW avec l’appui de la Banque Africaine de Développement.
Parmi eux, les initiatives dans l’hydroélectrique (Jiji-Mulembwe, Ruzibazi, Kabu 16, Mpanda), la centrale photovoltaïque de Mubuga et les projets régionaux dont Ruzizi 3 et les postes de transformation de Gitega et Muyinga du projet Rusumo Falls. Au moment où la demande énergétique maximale des ménages tourne autour de 65MW, avec une production actuelle de 78.7MW, l’excèdent est à injecter dans le réseau national pour soutenir les efforts d’industrialisation du pays.

La maîtrise de la production de l’énergie et la diminution de son coût vont favoriser le développement des activités transformatrices et de services. D’après la Régie de production de l’eau et de l’électricité Regideso, « la puissance installée devrait augmenter de 78.7MW à 239MW en 2026, soit une hausse d’environ 200%. A moyen terme, le pays risque de se retrouver avec un excèdent d’énergie électrique qui ne pourra pas être consommée en raison des infrastructures de distribution de l’énergie électrique qui sont inadéquates ou tout simplement inexistantes. »

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