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Société

«Boost», que faire pour éradiquer ce fléau ?

En marge d’une conférence de presse animée par le collectif des blogueurs Yaga, l’association des anciens consommateurs de drogues BAPUD et l’ Association burundaise des étudiants en médecine ce vendredi 14 décembre à Alexestel Hotel pour clôturer la campagne #BurundiSansBoost, il a été discuté des solutions pour combattre ce dangereux stupéfiant.

« Au cours de cette année, 13 jeunes ont succombé suite à une overdose de boost, dont le secrétaire exécutif du BAPUD », révèle d’emblée Éric Nsengiyumva, ancien consommateur de drogues injectables et dirigeant actuellement le conseil consultatif de cette association.

Eric Nsengiyumva, directeur du conseil consultatif du BAPUD

Mais qu’est-ce donc cette drogue dont nous entendons parler ces derniers temps ? ÉricNsengiyumva ne se prive de l’expliquer : « Ce type de drogue est  le produit d’un mélange de l’héroïne avec d’autres médicaments antipyrétiques etanalgésiques comme la quinine et le paracétamol, provoquant non seulement des dépendances chez les consommateurs, mais causant également des infections diverses. Ceux qui se mettent à la consommer développent une certaine dépendance qui est difficilement contrôlable».

Et qui s’adonnent à cette drogue ? Souvent des jeunes dont l’âge est compris entre 10 et 30 ans.  Selon une étude menée par le ministère de la Santé Publique, sur 127 consommateurs des drogues injectables, 10.2% sont porteurs du virus du SIDA, 9.4% ont l’hépatite B tandis que 5.5% soufrent de l’hépatite C, suite aux seringues qu’ils se partagent. Cette étude montre que les consommateurs de cette drogue sont 28 fois plus exposés au VIH que ceux qui se contaminent sexuellement. Face à des chiffres aussi alarmants, des mesures s’imposent.

Que faire alors 

Spageon Ngabo, bloggeur du collectif Yaga

Selon Spageon Ngabo du collectif Yaga, il faut d’abord sensibiliser, d’où l’intérêt d’avoir mené la campagne #BurundiSansBoost : « Il faut que les jeunes soient au courant des méfaits de cette drogue parce que la plupart des junkies se sont engagés sur le terrain glissant de l’héroïne sans savoir à quoi ils s’exposaient.»


Pour lui, l’éradication de cette drogue est une affaire de tous, à commencer par les décideurs. «Le contrôle du trafic de cette drogue relève de la police et du ministère de la Justice. À eux alors d’y mettre plus d’énergie pour éviter l’entrée sur le territoire de ces stupéfiants», a suggéré le blogueur.


Même son de cloche chez Yvonne Kamikazi, représentante légale de l’ABEM. Pour elle, « il vaut mieux centrer les actions sur la prévention, tandis que pour les consommateurs, le counselling reste plus approprié que le rejet ou l’incarcération, sans oublier la mise en place d’un centre de désintoxication fonctionnel».

En attendant, il revient à tout le monde de mettre en garde nos enfants et nos camarades à propos du « boost » et des dangers qu’il représente.

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