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L’avenir plus sûr des bébés accueillis par les sœurs Bernadette de Gitega

Si l’enregistrement des naissances à l’état civil est une étape primordiale pour tout enfant, l’orphelinat Sainte Trinité de Gitega a dû adopter une stratégie pour permettre aux enfants abandonnés recueillis de jouir de ce droit…

Situé au centre-ville de Gitega, la structure accueille des nourrissons ayant tous moins de 3 ans. Les plus âgés accourent pour accueillir chaleureusement chaque visiteur, d’autres se baladent dans la grande cour, tandis que les nourrissons sont bercés par les bonnes sœurs. « Auparavant, on accueillait tous les enfants de moins de 3 ans qu’on nous apportait. Progressivement, nous nous sommes aperçus qu’il y avait des personnes qui abusaient en apportant leurs propres bébés, surtout les jeunes filles sans moyens, pour qu’on en prenne soin  » se rappelle sœur Gaudence Bucumi, directrice de l’orphelinat.

Le problème est que ce système créait au bout de compte plus de problèmes qu’il n’en résolvait: les enfants non identifiés étant enregistrés sous ‘parents inconnus’, cela rendait la tâche impossible à gérer pour l’orphelinat, obligé de trouver de force une famille d’accueil pour ces enfants afin qu’ils laissent la place aux autres bébés nécessiteux.

Des moyens et une capacité limités …

Du coup, la congrégation de charisme des sœurs Bernadette faisait recours à des organisations humanitaires qui se chargeaient de la recherche et de la réunification familiale pour ces enfants esseulés, ou alors aidaient dans l’identification d’une famille d’accueil. 

S’occupant de 35 enfants de moins de trois ans, 20 garçons et 15 filles, tous inscrits dans les registres de l’État, la congrégation de charisme des sœurs Bernadette a créé cet établissement après les crises qui ont secoué le Burundi pour s’occuper des enfants orphelins, abandonnés ou séparés de leurs familles: «Actuellement, nous exigeons un acte de décès des parents pour les enfants orphelins et une famille proche doit se porter garant après les trois ans. Pour les nouveaux-nés abandonnés, nous  demandons que la personne qui a retrouvé l’enfant l’inscrive à son nom. Tout cela pour permettre à l’enfant de s’identifier à un foyer et se trouver une place comme toute autre personne », complète sœur Gaudence.

Une stratégie qui semble marcher

Entre les problèmes financiers pour la prise en charge des enfants et les demandes d’accueil qui ne cessent d’augmenter, l’établissement se sent fier de ne plus pourchasser les familles et les parentés pour honorer leurs engagements après les trois ans.  «On était obligé de garder les enfants enregistrés sous l’étiquette de parents inconnus alors qu’on n’avait pas ces moyens » conclura la directrice, tout en faisant un petit rappel sur  l’article 7 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui stipule que « Chaque enfant est enregistré aussitôt sa naissance, ce qui équivaut également au  droit d’acquérir sa nationalité, son nom et ses relations familiales ».

Selon les rapports du Ministère de l’Intérieur, au cours de la campagne d’enregistrement tardif des enfants réalisée avec le soutien de l’UNICEF entre juin 2018 et mai 2019 dans 13 provinces du Burundi, 943.773 enfants ont été enregistrés, 938.790 recevant des extraits d’acte de naissance

Créé par les sœurs Bernadette après la crise des années 90, avec une capacité d’accueil de 50 enfants, l’orphelinat Sainte Trinité , situé dans la ville de Gitega tout près de l’hôpital régional, pourrait s’étendre si d’autres financements externes étaient disponibles. L’orphelinat prend également  en charge des enfants à domicile pour les familles qui ont cette capacité. 

Un reportage réalisé par Kathia Gretta Irankunda dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme une anciennne du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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