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Agriculture

Quand l’assurance stimule les investissements en agriculture

Face aux multiples défis du secteur agricole dont les aléas climatiques qui bloquent les investisseurs, les agriculteurs peuvent eux-mêmes atténuer les risques par la constitution du fonds pour leur assurance, propose Dr Marcien Ndagijimana…

Dr Marcien Ndagijimana a réalisé cette étude en marge de la thèse doctorale qu’il a présentée en février dernier. Selon l’étude, 56% du sol burundais sont arables tandis que la superficie cultivable par ménage est en moyenne de 0,5 hectares.

Cela est ainsi alors que plus de 90% de la population burundaise pratique l’agriculture. Bien plus, malgré la multitude de praticiens, la production agricole reste faible consécutivement aux faibles investissements à cause des risques climatiques pouvant causer des pertes.

L’assurance agricole comme solution

Pour entrainer la hausse des investissements dans ce secteur, Dr Marcien Ndagijimana, via son étude, explique la manière de faire face aux risques et le changement climatique dans l’agriculture au moyen d’une assurance agricole basée sur les indices climatiques.

Par cette approche, le chercheur veut souligner concrètement la nécessité de faire face aux risques climatiques proportionnellement à leur degré de virilité.

La zone d’étude choisie est certaines communes des provinces de Gitega et Muyinga. Dans cette zone, les grands défis climatiques évoqués par les agriculteurs sont la sécheresse, les inondations, les pluies mêlées de grêles, la cessation précoce de la pluviométrie…

Son échantillon est composé de petits agriculteurs regroupés au sein des associations villageoises d’épargne et de crédits (les VSLAs). Avec les crédits qu’ils s’accordent entre eux, ces agriculteurs renforcent le potentiel d’investir davantage dans leur domaine moyennant un vif engagement d’une part de leur fonds dans la gestion durable des terres. Et cela leur permet de pratiquer les méthodes de protection du sol plus ou moins adaptées contre certains des défis climatiques ci-haut évoqués.

L’Etat appelé à s’impliquer davantage

Bien qu’il y ait ces groupements d’épargne et de crédit, l’investissement dans l’agriculture reste faible. Dans la zone d’étude, seuls 71,3% des agriculteurs bénéficient des crédits mais ces derniers sont très peu significatifs (20.000 Fbu en moyenne par individu). Et dans tout ça, seuls 4,6% des bénéficiaires de crédits les reçoivent de la banque.

Pour appuyer suffisamment ces agriculteurs, Dr Ndagijimana lance un appel à l’Etat, d’une part, de sensibiliser davantage la population à opter pour l’approche mutuelle basée sur la communauté. Cette dernière permet aux agriculteurs, grâce au fonds qu’ils constituenteux-mêmes, d’être les garants du portefeuille de leur assurance, portant ainsi la casquette des assurés et des assureurs à la foi.

D’autre part, pour diminuer la peur d’investir dans le secteur agricole, l’Etat devrait créer un fonds de garantie qui subventionnerait les investisseurs en cas de perte suite aux aléas climatiques.

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

Traduit en français par Liévin Niyogusenga

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