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Culture

Adrien Ntabona, un médiateur entre Dieu et la culture Burundaise

Prêtre, professeur d’Université, Mushingantahe, écrivain, Adrien Ntabona est un monument vivant. Féru de la culture traditionnelle, toute sa carrière sera marquée par la recherche sur la littérature orale du Burundi. Retour sur son riche parcours.

Bâtir une communauté chrétienne heureuse, tel est son principe. Pour lui, la foi doit pénétrer, féconder, influencer et transformer les cultures. Ainsi, il a choisi d’être le médiateur entre Dieu et la culture Burundaise. A   82 ans, Adrien Ntabona   reste éveillé. Il voit toujours. Pas mal pour quelqu’un dont le nom signifie « celui qui ne voit pas ». Il estime que son père a voulu donner à ce patronyme un sens pédagogique pour l’éduquer à l’attention. A l’origine, un enfant a crié « Ntabona (Il ne voit pas) » en voyant le petit endormi. Son père l’a entendu et   a décidé de l’appeler ainsi. « Tuzomwita ukwo nyene, akanure abone (Nous allons lui donner ce nom pour   le pousser à rester éveillé) ».

A seulement 5 ans, Ntabona commence l’école maternelle. Là-bas, il apprend et réussit brillamment l’alphabet. Admis dans la classe suivante, il régnera sans partage sur la première place jusqu’en 5ème année. Arrivé à ce niveau, il passe l’examen Ferro. Du nom du missionnaire inspecteur de toutes les écoles catholiques du Burundi. Le futur prêtre essuie son premier échec. Il voudra reprendre l’année mais le missionnaire refuse sa demande. Motif ? Il est trop jeune. Sans aucune autre alternative,le pauvre enfant   rentre à la maison pour garder les vaches.

Une vie entre  l’autel et l’amphithéâtre

Deux ans après, le missionnaire Ferro est parti, remplacé par un autre. Toujours pleins de détermination, le jeune berger retourne à l’école. Il reprend la 5ème année. À la fin de l’année, il est le premier au niveau national. Son aventure scolaire va se poursuivre à l’Ecole Normale de Gitega, puis au Petit Séminaire de Mugera. A la fin du cycle secondaire, il entre au grand séminaire. Ordonné prêtre 1966, il se rendra ensuite à Rome en Italie pour faire la théologie avant de se spécialiser en africanisme, en anthropologie, en ethnologie, etc. Il décroche son doctorat en théologie en 1969, option anthropologie et avec une thèse de 910 pages sur les proverbes en kirundi.

Arrivée au Burundi, Ntabona commence à publier des articles scientifiques. Grâce à ses publications, il sera recruté en 1972 par l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et l’Université du Burundi comme professeur de la littérature orale. Au sein de l’Eglise, l’Abbé Ntabona occupera les fonctions de Secrétaire général de la Conférence des Evêques pendant 15 ans. Il dirigera la revue « Au cœur de l’Afrique » pendant 30 ans et créera un bulletin d’information de l’Eglise Catholique.

 Son père voulait que son fils soit Umushingantahe. Le vœu du père sera exaucé. Non seulement, Abbé Ntabona sera intronisé mais il sera à la base de la réhabilitation de cette institution en 2000.

Aujourd’hui, Abbé Adrien Ntabona a 82 ans et se proclame « Umukurambere ». Il compte prendre sa retraite à 85 ans. A cet âge, il dit qu’il sera « Umutama ». C’est là où il compte prendre sa retraite et profiter des fruits du travail de ses années de jeunesse. En attendant, il s’occupe du Centre Culturel Bwenge Nyabwo . Il y passe son temps à partager son savoir  sur la culture burundaise.

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