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L’adhésion de la RDC dans l’EAC : une aubaine pour la mobilité académique au Burundi

Un évènement qui a toute sa grandeur: le 22 novembre 2021, le conseil des ministres de l’EAC a approuvé l’adhésion de la RDC à cette communauté comme 7ème Etat membre, sur le plan économique, la course est lancée à la poursuite des opportunités que présente ce grand marché. Sur le plan académique: Etudiants et professeurs burundais saluent une entrée pleine d’opportunités en termes de mobilité académique.

Dans une économie de plus en plus mondialisée, la compétitivité d’un pays dépend largement des compétences de sa main-d’œuvre. L’un des objectifs de l’enseignement supérieur est dès lors de développer les compétences des étudiants, afin qu’ils puissent répondre à la demande croissante de travailleurs hautement qualifiés. Pour le cas de l’adhésion de la RDC à l’EAC, Dr Yves Iradukunda, recteur de l’Université Lumière de Bujumbura (ULB) qui accuielle plus de 1500 etudiants n’y va pas par quatre chemins : « L’integration de la RDC dans la communauté de l’EAC constitue une grande opportunité pour le monde académique burundais. »

Cela, explique-t-il, en raison du fait que la plupart d’enseignants-chercheurs étant francophones qu’anglophones alors que les pays de l’EAC utilisaient beaucoup l’anglais et le Kiswahili, étaient bloqués dans leur mobilité pour effectuer des recherches, poursuivre leurs études, prétendre a certaines positions et opportunités du monde académique de la communauté. Le corollaire à cela, étant que le Burundi recevait plus de professeurs de la sous-région et en envoyait moins dans le cadre de la mobilité académique, pourtant consacré par les accords entre les pays, membres de l’EAC.

Mais désormais, estime-t-il, la donne va changer, et cela en faveur aussi bien des étudiants que des professeurs : « C’est une aubaine, maintenant que le français va devenir une langue officielle, il y aura des gens des pays anglophones qui vont s’intéresser à la langue française pour percer dans les milieux francophones. Une bonne dynamique qui pourra permettre à moyen terme un équilibre d’échanges et de mobilité, ce qui n’est pas le cas actuellement. »

Campus Goma de l’ULBU, exemple type de la mobilité académique

Pour rappel, par mobilité académique, les professeurs changent d’universités pour une période bien déterminée et un travail bien précis comme donner des cours identifiés à l’avance, superviser quelques cours et regagner leur pays après avoir accompli la tâche, dans le cadre du conseil interuniversitaire de l’EAC.

Tout comme les enseignants, les étudiants peuvent également séjourner dans des universités de différents pays de l’EAC. Dans ce cadre, un fond a été mis en place par le conseil interuniversitaire de l’EAC et appuie en termes de billets d’avion et séjour.

Selon le Dr Yves Iradukunda, l’Université Lumière campus Goma est un bon exemple des bénéfices qui peuvent découler d’une mobilité accrue des étudiants dans le cadre de l’intégration régionale. En effet, ce campus est le fruit d’un lobbying qui a été fait par les lauréats congolais de l’Université Lumière (Campus Mutanga et Kinindo) qui ont plaidé auprès du  rectorat en faveur de leurs frères et sœurs restés au pays, faute des moyens pour s’installer à Bujumbura pour y poursuivre leur cursus académique malgré leur volonté de rejoindre cette Université. Actuellement, confie le Dr Yves Iradukunda, le campus de l’Université Lumière à Goma fonctionne normalement et des étudiants Congolais et d’autres nationalités y sont formés.

« La compétition sur les opportunités va aussi s’accroitre »

Les étudiants congolais rencontrés a l’université Espoir d’Afrique de Bujumbura  se réjouissent unanimement de l’entrée de leur pays dans cette communauté car, disent-ils, comme la langue française aide beaucoup dans  l’immersion comme au Burundi où elle est la deuxième langue officielle utilisée, cela sera le cas également pour d’autres pays, à base anglophone de cette communauté : « Nous parvenons à nous intégrer facilement dans  le système éducatif burundais à cause du français. Nous avons un grand espoir que ça sera le cas pour d’autres pays de la communauté. »

Tout ce qui peut donner un avantage à un Burundais est un atout, non seulement individuel mais également au niveau du pays, lance un étudiant Burundi de la même Université. « Il y a différentes formes de diplomatie et l’une qui peut faire émerger et travailler sur l’image du Burundi est d’envoyer des Burundais compétents dans les pays de la communauté Est Africaine ou ailleurs. Cela permet au Burundi d’être vu, et représenté », rappelle-t-il.

Pour  Dr Yves Iradukunda de conclure : « La mobilité ne se limite pas aux Burundais qui y vont. C’est dans les deux sens,  plus il y aura des Burundais qui vont chasser des opportunités dans la communauté, il va y avoir un flux massif de chercheurs et enseignants congolais qui vont s’intéresser aux opportunités offertes dans la communauté. Au niveau académique, nous étions les seules à pourvoir aux opportunités présentes dans la communauté liée à l’utilisation du français, maintenant il  y aura plus de concurrence entre les pays et leurs universités. C’est tout l’enjeu: serions-nous compétitifs au même titre que nos voisins qui intègrent la communauté? Tout cela nécessitera un grand investissement dans le capital humain», la balle est dans notre camp.

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